Collation, encas, goûter : oui ou non ?
Il y a quelques jours, j’ai été interviewée par un magazine féminin sur le sujet de la collation. Car la journaliste s’étonnait de voir fleurir sur les réseaux moult suggestions de « collations healthy ». Elle voulait mon avis. Comme je me doute que notre échange n’est repris que succinctement, ça m’a donné l’idée d’en parler ici.
Doit-on prendre une collation (un goûter, un encas…) l’après-midi ?
Pour mémoire, mon leitmotiv : nous sommes toutes différentes. Nous avons un appétit différent. Ceci-dit, chaque personne a une durée limite qu’elle peut tenir entre deux repas. C’est en général de l’ordre de 6 à 7h. Ainsi, si on mange vers 12h30, il est assez logique d’avoir faim vers 19h00-19h30. Mais ce n’est pas toujours le moment où l’on peut manger. Je vois fréquemment des personnes qui, pour des raisons professionnelles, familiales, sportives ou autre, dînent vers 21h00. Dans ce cas, elles risquent d’avoir très faim à cette heure-là car il s’est passé peut-être 8-9h depuis le déjeuner. Il est donc souhaitable, autant que possible, de prendre un encas autour de 16h30-17h30 pour ne pas arriver au dîner en ayant trop faim (ou se jeter sur le repas des jeunes enfants si on en a).
En revanche, si par exemple, vous déjeunez à 13h00 et rentrez dîner avec vos enfants vers 19h00, vous n’avez probablement pas besoin d’une collation dans l’après-midi.
D’autres personnes ont naturellement un appétit modéré et mangent peu aux repas d’où un retour plus rapide de la faim. Elles ont en général besoin de manger quatre fois par jour et il n’y a pas de raison de s’en empêcher.
Pourquoi on mange ou pas ?
A l’inverse, je vois beaucoup de femmes qui auraient besoin d’un encas et ne le prennent pas.
Du fait de certaines croyances ou injonctions : « le goûter, c’est pour les enfants », « il ne faut pas grignoter entre les repas ». Ou parce qu’elles n’y pensent pas. Ou oublient d’emporter quelque chose. Ou alors, elles ne savent pas quoi manger.
Comme j’aide notamment les personnes à se reconnecter à leur sensation de faim si elle s’est perdue, certaines personnes qui me consultent ne prennent pas d’encas car elles me disent qu’elles n’ont pas faim vers 16h30-17h30. Je leur explique que surtout, on ne doit pas être rigide par rapport à la sensation de faim, il n’y pas lieu de chercher à la respecter parfaitement. Dans ce cas-là, même si on n’a pas très faim, il peut être utile de prendre un petit encas en prévision de ne pas rentrer affamée chez soi, de faire coïncider la faim et l’heure du repas.

Quoi manger ?
Ceci-dit, il me semble qu’une collation devrait répondre à trois critères :
C’est donc très personnel. Je vous donne quelques exemples :
Ou une association de deux de ces éléments.
Comment manger ?
Autant que possible, faites une vraie pause plutôt que manger en travaillant et pratiquez les 4 AS.
En conclusion, l’important est d’expérimenter pour trouver ce qui vous convient à vous personnellement en termes d’aliment, d’horaire, de quantité.
Pour ma part, par exemple, je prends rarement de collation car, en général, je déjeune tard, après les consultations du déjeuner. Cela peut totefois m’arriver si je sais que je vais dîner très tard.

J’aime beaucoup le goûter car c’est un moment « plaisir », où je peux manger un morceau de gâteau, que je n’arriverais pas à manger au déjeuner ou au dîner faute d’appétit.
Je ne me suis pas encore reconnectée à ma sensation de faim, alors je me « force » un peu pour maintenir la collation – c’est utile et important pour m’aider dans ma renutrition. Et j’ai souvent l’agréable surprise de constater que même si je n’ai pas faim au moment de faire le goûter, je me sens mieux après, et cela ne m’empêche pas de dîner. Néanmoins, je ne suis pas rigide, si cela ne s’y prête pas ou si je ne me sens vraiment pas de faire une collation, je fais sans.
C’est un rituel que j’aurai probablement plaisir à garder même quand mon objectif de renutrition sera atteint car je trouve que c’est l’occasion de faire une pause, de prendre une boisson chaude, et de savourer. Bref, de me faire du bien !
Bonjour Clémentine, merci beaucoup pour ce témoignage, aucune raison de supprimer ce rituel s’il vous fait du bien et ne vous coupe pas l’appétit pour le dîner