Voilà qu’on reparle beaucoup du petit déjeuner. Mais, alors que les nutritionnistes réels ou auto-proclamés le qualifiaient souvent de « repas le plus important de la journée », il est aujourd’hui remis en cause. Je ne devrais pas m’en plaindre car je lutte depuis longtemps contre cette règle générale. Mais je ne souhaite pas qu’on parte dans le diktat inverse… Il y a ainsi notamment la mode du jeûne intermittent (promis, j’essaie de finir bientôt mon long billet sur le sujet entamé il y a des mois…) : pour obtenir la durée de jeûne de 16h recommandée, la plupart des personnes qui entrent dans ce processus suppriment le petit déjeuner. Et certaines se rendent compte qu’elles n’en souffrent pas. Pourquoi donc ? Parce que nous sommes toutes et tous différents !

Toutefois, il me semble qu’on peut identifier quatre grands profils concernant le petit déjeuner.

  • les personnes qui ont faim dès le réveil ou très rapidement après s’être réveillées. Il est donc normal qu’elles mangent et elles n’ont pas de raison de s’en priver…
  • à l’inverse, certaines personnes n’ont vraiment pas faim le matin, quoi qu’elles aient mangé la veille au soir (elles sont parfois même écoeurées à l’idée de manger) et vivent sans problème la matinée sans besoin de manger, faiblesse, coup de barre. Ces personnes peuvent se passer de petit déjeuner si elles constatent qu’elles ont une bonne faim vers l’heure du déjeuner et pas deux heures avant.
  • les personnes qui ont un organisme qui se réveille tranquillement sans manifester de besoin énergétique et dont la faim se manifestera une heure, une heure et demi, deux heures après le réveil. Quand ces personnes sortent de leur réflexe de manger quasiment dès le réveil et font l’expérience d’attendre d’avoir faim, elles ont plusieurs choix :
    • elles se rendent compte qu’elles ont faim vers 9h30-10h à un moment où il ne sera ni plaisant ni agréable de manger, elles peuvent anticiper un peu leur faim et petit déjeuner chez elles (en le faisant éventuellement le plus tard possible et pas tout de suite en se levant),
    • elles réalisent qu’elles ont faim vers l’heure où elles arrivent à leur travail (ou travaillent chez elles) et cela leur convient de petit déjeuner à ce moment-là, même si cela implique d’emporter un petit déjeuner. On peut alors envisager toutes sortes de solution « portables » (céréales dans un bocal, part de gâteau maison, fruit, mini-sandwich…).
    • elles constatent qu’elles ont vraiment faim en fin de matinée vers 11h (mais trop tôt pour déjeuner ou attendre sereinement) : elles peuvent alors prendre juste un petit encas.
  • les personnes qui n’ont pas faim le matin parce qu’elles ont mangé trop/trop tard la veille au soir.

Vous retrouvez-vous dans un de ces profils ?

On peut aussi tirer sur le « breakfast » comme Gilles Fumey dans son nouveau livre au titre un peu provocateur. En fait, je ne crois pas qu’il souhaite condamner en bloc le petit déjeuner mais plutôt remettre en cause son uniformité industrielle venue du monde anglo-saxon. Il raconte que, bien sûr, on n’a pas toujours mangé comme ça. Jusqu’à l’ère industrielle, on mangeait plutôt en France deux repas, à 10h00 et à 16h00. D’ailleurs, quand elles réapprennent à s’écouter, certaines patientes remarquent que le rythme qui leur siérait vraiment serait de manger à 10h-11h et 17h-18h. Malheureusement, il est assez rare, du fait de la vie professionnelle, familiale, amicale, de pouvoir respecter ce rythme. Ainsi, j’accompagne des personnes qui, travaillant chez elles en freelance, ont une certaine liberté alimentaire. Mais souvent, elles retrouvent un.e conjoint.e le soir et ont envie d’un dîner en commun vers 19h ou 20h.

 

En résumé, ce que je propose de mon côté :

  • s’affranchir des injonctions, règles, diktats, principes standardisés : être libre et s’écouter,
  • sortir de ses habitudes et réflexes et expérimenter pour mieux connaître son rythme et ses besoins,
  • adapter si nécessaire ce rythme à son environnement et ses contraintes.

Cela vous dit de changer quelque chose à votre rythme matinal ?

12 réponses
  1. Nancy
    Nancy dit :

    Au confinement jai décidé d’alléger le petit dej car Je prends du poids depuis quelques années et je savais qu’on aurait moins d’activités physiques et plus de repas gourmands.
    J’ai arrêté la/les toasts au pain complet avec st Hubert et confiture maison. Je l’ai remplacé par un fruit de saison.
    Je pensais ne jamais y arriver car mon petit dej était sacré.
    Après 6 mois je pense que je pourrais me passer de fruit car je découvre que je n’ai pas faim le matin. Ou rarement.

    Ma question : avec juste un café adouci d’un peu de lait demi écrémé, est ce que je peux faire le jeune de 16h ?

    Merci Arianne !

    Répondre
    • ARIANE
      ARIANE dit :

      @nancy il n’y aucune raison de faire le jeûne de 16h si vous avez envie de ce café avec un peu de lait ou si vous avez faim. Pour perdre du poids, comme je l’expliquerai dans mon billet sur le jeûne intermittent, c’est tout ce que vous mangez sur la journée qui compte et qui est peut-être en excès quelque part si vous avez grossi

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  2. Solène
    Solène dit :

    Merci de ce billet qui remet tranquillement l’église au milieu du village, et l’ouvre à toutes les pratiques et croyances, justement !
    Je me sens affectée par la mode du jeûne intermittent, je dois dire, j’ai l’impression que je fais ce qu’il faut quand je le fais une fois par semaine, en regardant l’heure toute la matinée… Je me reconnais dans le profil de ceux qui ont faim un peu après l’heure du réveil, mais je m’accommode de déjeuner peu après, et c’est plus simple ainsi en effet. Et c’est ok !

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  3. Chantal SEVESTRE
    Chantal SEVESTRE dit :

    Je varie mon petit déjeuner selon mon appétit mais je mange toujours car sinon c’est le grignotage assuré durant la matinée pour ne pas dire la journée car j’ai la sensation ensuite que mon estomac, enfin quand je dis estomac… n’a pas compris la satiété. C’est plus mes dîners qui sont légers et que je pourrait même supprimer si ce n’est que cela est faire l’impasse sur le côté conviviale de la table.

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  4. Hélène K.
    Hélène K. dit :

    Bonjour, c’est ce billet qui m’a décidée à tenter la journée sans petit déjeuner… Je me suis aperçue il y a plusieurs mois que je n’avais plus faim le matin. J’ai commencé par alléger les petits déjeuners, me sentant incapable de manquer ce repas que j’adore. Et il y a une semaine, j’ai décidé de ne pas petit-déjeuner (un thé au réveil et un café dans la matinée). A la fin de la première matinée, je me suis brusquement rendu compte que je n’avais pas encore mangé. Avec mon cerveau, pas avec mon ventre. Aucune faim le matin depuis une semaine. Une bien meilleure humeur et plus d’énergie. Je ne mange pas plus le reste de la journée. Je crois que manger trop pesait sur mon estomac et sur mon esprit. Merci Ariane pour ce post, qui a été un sain déclic pour moi !

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    • Ariane Grumbach
      Ariane Grumbach dit :

      @Hélène top, ravie que vous ayez fait cette expérience. C’est le seul moyen de cerner ses besoins ! Vous verrez si cela s’installe dans le temps et surtout vous pouvez prendre un encas dans la matinée si vous avez vraiment faim

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  5. Blanche
    Blanche dit :

    C’est important d’écouter son corps -quand on arrive à l’entendre-. Depuis des années, je calibre et pèse mon petit déjeuner, que je prends en me levant. J’ai été obligée de faire cela car avec différentes variétés d’autres petits déjeuners, j’avais des fringales terribles sur le coup de 11 h avec sueurs et sensation d’évanouissement. Probablement une chute de sucre. Mon petit déjeuner se compose donc, de 30 g de flocon d’avoine dans un yaourt nature, de 40 g de pain grillé et de beurre, d’un kiwi et d’un grand bol de tisane. Parfois, je mets quelques graines dans les flocons d’avoine.
    Lorsque je suis en voyage, je m’écarte parfois un peu, mais jamais de sucre rapide. S’il m’arrive par hasard de ne pas manger le matin, j’ai un mal de tête terriblement désagréable, et j’essaie d’éviter.

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