Ariane Grumbach l'art de manger

Comme vous, j’ai été confinée chez moi du 17 mars au 11 mai. Déjà un mois qu’on est sortis de cette période particulière ! Etes-vous reparti(e) sur les chapeaux de roue ? Etes-vous toujours en semi-confinement ?

Pendant le confinement, j’ai poursuivi une partie de mes consultations par téléphone depuis mon domicile. Certaines personnes n’ont pas pu ou souhaité avoir recours à ce type de consultations et ont préféré différer les rendez-vous. J’avais aussi reporté à l’après-confinement les consultations initiales. Mon activité a donc été bien ralentie, surtout en avril. Ceci-dit, durant ces semaines de confinement, je n’ai pas vu passer les jours, tout en sortant très peu. J’ai lu (pas assez à mon goût), j’ai rangé (peu), je me suis informée (trop), j’ai passé du temps (beaucoup trop !) sur les réseaux sociaux, notamment pour divers « live »Instagram parlant cuisine, bien-être, réflexion sur le monde…. J’ai moi-même proposé plusieurs « live » d’ailleurs.

J’ai constaté par ailleurs que j’ai passé vraiment beaucoup de temps à cuisiner. Davantage que d’habitude car j’ai eu à la fois davantage de temps et pas le choix : habituellement, j’alterne au déjeuner entre des repas maison, bentos & co, et des sorties dans mes lieux favoris. J’ai préparé quasiment tous mes repas (Monsieur a contribué un peu aussi bien sûr !). Je l’ai fait avec plaisir mais cela a peut-être pris un peu trop de place par rapport à d’autres activités…

On n’a pas seulement eu du temps (enfin, pas tout le monde !), on a eu aussi la contrainte de sortir a minima. Donc le confinement a signifié notamment :

  • Cuisiner tous ses repas : depuis le début du confinement, il ne m’était pas venu à l’idée de me faire livrer des repas tout prêts…Cela a fini par venir quelques jours avant la fin, par un peu de lassitude coïncidant avec la réouverture en vente à emporter de quelques plaisantes tables… J’ai fait une première expérience le samedi 2 mai avec le Café des Ministères, une table qu’on avait beaucoup appréciée. Le repas a été très réussi et ça m’a donné envie de recommencer quelques fois…
  • Sortir moins souvent se ravitailler et donc penser en amont à tous les aliments/ingrédients nécessaires aux repas : il n’est pas vraiment recommandé de ressortir pour aller faire une course à l’épicier du coin…

Dans ce contexte, il a pu être utile de réfléchir aux plats qu’on avait envie de préparer, au nombre de repas à faire, pour faire une liste de courses complète et ne rien oublier. On peut aussi acheter des aliments de base sans idée préconçue et décider ensuite de la façon de les préparer, avec le risque toutefois d’avoir envie d’une recette et de ne pas disposer de tous les ingrédients (certains sont substituables, d’autres moins…).

J’ai fait un peu un mélange des deux, je repère quelques recettes appétissantes et pas compliquées, avec des légumes de saison (mais ne suis en fait pas toujours certaine de les trouver à proximité) et j’achète quelques basiques dont j’aurai toujours l’usage (carottes, champignons, fruits, des fromages, oeufs…). Si vous vous faites livrer (par un prestataire de bonne qualité, je vous le souhaite), c’est la même démarche me semble-t-il.

Il y a eu aussi la livraison « surprise ». Ainsi, j’ai commandé deux fois une cagette de légumes via le restaurant Mieux que je connais bien et apprécie. En effet, un de leurs fournisseurs, le maraîcher Valdemar Barreira (successeur du célèbre Joël Thiebaut) se trouvait en difficulté car privé de la grande majorité de ses débouchés : restaurants et marchés. Le restaurant a donc mis en place un système de livraison puis retrait de cagettes de 6-7 kgs de légumes. Sans connaissance préalable ou choix. J’ai donc dû improviser, notamment pour de légumes que je pratique ou apprécie peu, tels le topinambour (jamais cuisiné) ou la betterave. Je ne me suis pas trop mal débrouillée ! J’ai hésité toutefois à recommencer car je préfère quand même choisir mes légumes. Je l’ai cependant refait une deuxième fois et c’était très bien.

Pour rire, j’appelle cela du « Batch shopping » en référence au très tendance Batch Cooking. En effet, autant on avait intérêt à faire des courses globales, autant on n’était pas obligés de tout cuisiner en avance. Quand on travaille beaucoup hors de chez soi en temps normal, on peut avoir intérêt à cuisiner le week-end. Quand on est en télétravail voire en chômage partiel voire en arrêt total d’activité, on a davantage de souplesse pour cuisiner au jour le jour. Ceci-dit, vous n’avez pas forcément envie de cuisiner, chaque jour, deux repas par jour, même en ayant du temps. Car vous avez aussi souvent du travail, la charge des enfants pour certain(e)s d’entre vous, envie de temps pour lire, vous détendre, avoir une activité physique, jardiner…..

Il peut donc rester intéressant de préparer une quantité plus importante et d’en congeler une partie pour un autre repas, de couper et cuire des légumes ou des céréales en avance. Car, même chez soi, on peut ressentir une lassitude en fin de journée et avoir envie d’aller au plus rapide/simple.

  • varier les préparations d’un même aliment pour ne pas ressentir de lassitude avec les aliments de saison. J’imagine que la plupart d’entre vous avez cuisiné davantage que d’habitude. Vous aviez peut-être un répertoire culinaire un peu répétitif que vous compensiez avec les repas à l’extérieur. Comme cela n’était plus possible, c’était l’occasion, pour préserver le plaisir de manger (et de cuisiner) de trouver de nouvelles recettes, de sortir de nos habitudes (sans aller trop loin dans l’expérimentation peut-être…). En choisissant des recettes qui ne soient pas chronophages, vous ne souhaitiez probablement pas passer vos journées en cuisine.

Exemple : le radis

On peut bien sûr le manger nature, avec du sel ou du beurre. Mais aussi, l’émincer sur une tartine, qu’elle soit de fromage frais ou de pesto de fanes de radis. En effet, il est souhaitable autant que possible de trouver une botte de radis bien fraîche, et les feuilles en sont un bon indicateur. On peut sans tarder en faire un simili pesto en les mixant avec un fromage sec, des oléagineux, un peu d’huile d’olive, ce qu’on a sous la main…  J’ai ainsi fait une tartine et aussi des pâtes (recette de la Pasta Allegra) aux radis et fanes de radis, délicieuses. J’ai aussi intégré des radis dans une salade printanière (ils apportent une touche de croquant et de piquant toujours agréable). Et j’ai refait une recette que j’aime beaucoup, un raïta de radis (radis râpés avec yaourt, herbes, épices). Quand je n’en avais plus beaucoup, j’ai retrouvé et adapté une recette très sympa, des makis radis-carotte-graines germées.

Exemple : le poireau

J’adore les poireaux vinaigrette. J’en ai fait plusieurs fois, et aussi avec des variantes : une sauce au miso, une sauce rubis (pour utiliser de la betterave de ma cagette). On peut aussi faire une tarte aux poireaux, une omelette aux poireaux, une fondue de poireaux, les intégrer dans un curry, plat adapté à l’utilisation de tous les légumes qu’on a sous la main.

Cette variation des préparations est vraiment facile à pratiquer avec tous les aliments et évite la monotonie.

Quand le confinement s’est allégé le 11 mai puis le 2 juin, on est passé à d’autres étapes. Mais cela n’a peut-être pas changé beaucoup de choses pour un bon nombre d’entre vous. Poursuivre le télétravail est largement recommandé (sans compter la difficulté de concilier accueil des salariés et gestes barrière). On peut s’inquiéter de prendre les trasnsports, en particulier en région parisienne et dans les grandes villes. Les enfants ne sont pas tous retournés à l’école, loin de là. J’ai observé que, pour ces diverses raisons, les patientes que je suis depuis un mois, sont encore très largement chez elles. Pour ma part, j’ai recommencé à manger un peu plus de plats achetés à l’extérieur.

Alors après cette expérience de confinement et de semi-confinement, est-ce que votre façon de cuisiner va changer ? Avez-vous fait un peu le bilan de ce que vous avez pratiqué pendant le confinement ? Qu’est-ce qui était agréable, facile, compliqué, pénible ?

  • Avez-vous cuisiné vraiment différemment ?
  • Avez-vous découvert de nouvelles sources de recettes, sur internet ou dans vos livres ?
  • Avez-vous élargi votre répertoire culinaire ?
  • Avez-vous délégué certains repas ou certaines tâches à d’autres membres de la famille ?
  • Avez-vous limité vos achats de produits industriels ?
  • Avez-vous changé vos sources d’aprovisionnement ?
  • Avez-vous revu/enrichi votre « garde-manger » (les basiques du placard, frigo, congélateur) ?
  • Avez-vous modifié les moments de la journée/de la semaine où vous cuisinez ?
  • Avez-vous pris du recul sur vos consommations extérieures (restaurants, saladeries, livraisons…) et envie de les diminuer ou pas du tout ?

Bref, comment abordez-vous la cuisine et les repas depuis le confinement ?

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