Le Batch Cooking, de Pascale Weeks : nouvelle mode ou vraie réponse à un besoin ?

Je parle très très souvent organisation, courses, anticipation, cuisine avec mes patient(e)s. Car cela occupe souvent une place non négligeable dans le bien manger. Et je constate bien souvent qu’il est préférable d’anticiper tout ou partie du sujet (idées, courses, cuisine) pour ne pas se retrouver en grand stress le soir en rentrant du boulot, fatigué(e) en se demandant : qu’est-ce qu’on va bien pouvoir manger ?

C’est pourquoi j’ai été ravie et intéressée quand Pascale Weeks m’a proposé de préfacer son livre sur le batch cooking. Il m’a semblé en effet que cette pratique pourrait répondre au besoin de nombreuses personnes.

Ariane Grumbach l'art de manger

C’est quoi le batch cooking ?

Littéralement, il s’agit de faire une « cuisine par lots ».

Il ne s’agit pas de cuisiner un énorme plat unique qu’on va manger toute la semaine, soir après soir sans entrain. Mais de préparer cinq dîners différents (avec quelques fois un ingrédient ou une préparation en commun pour optimiser) en amont le week-end pour avoir un minimum de finitions à faire le soir même.

Plusieurs livres sont sortis presque simultanément sur le sujet, pas vraiment étonnant tant cette question de la préparation des repas du soir préoccupe du monde.

Et j’ai vu alors des débats surgir sur les réseaux sociaux sur les thèmes : « pas de batch cooking, ça tue la spontanéité ! » « Qu’est-ce que c’est que cette mode, on fait ça depuis des décennies ! » « Oh non, quelle contrainte, le dimanche c’est fait pour se reposer ».

Certes, mais je constate vraiment que beaucoup de personnes ont du mal à cuisiner le soir par manque de temps, d’idées, d’énergie. Et qu’elle n’ont pas non plus envie de passer tout leur dimanche à cuisiner. Bien sûr, personne ne vous oblige de passer à ce mode d’organisation. Chacun(e) est libre de cuisiner et de manger comme il/elle l’entend évidemment ! De trouver le mode de préparation des repas qui lui convient.

Pour ma part, j’ai donc eu le plaisir de préfacer le livre de Pascale Weeks, Batch Cooking, je cuisine une fois le week-end pour toute la semaine. Et je trouve sincèrement que c’est le plus réussi des trois (à ma connaissance) qui squattent les rayons cuisine des librairies.

Vous allez penser évidemment que je suis de parti pris ! Sachez que je n’ai aucun pourcentage sur les ventes et que j’ai fait cette préface gracieusement ! Car j’apprécie beaucoup depuis longtemps l’approche culinaire de Pascale. Et parce que je trouvais le sujet intéressant. Quand elle a évoqué ce projet, on ne parlait pas encore beaucoup de cette tendance en France. Sauf sur le blog de Clotilde Dusoulier, peut-être car elle est imprégnée des habitudes anglo-saxonnes.

Depuis, elle m’a envoyé le livre et je le trouve vraiment bien pour plusieurs raisons :

  • Pascale, comme dans tous ses livres et sur son blog, propose un déroulé très fiable, c’est vraiment une de ses qualités de donner tous les détails d’une recette d’une façon précise. Donc, quand elle assure que cela ne dure pas plus de 2 heures, je la crois ! Et elle a validé cela avec des testeurs non aguerris.
  • Pour chaque session de cuisine, après une liste globale des courses, le déroulé est précis et détaillé et englobe la totalité des étapes prévues, dans l’ordre dans lequel il convient de les réaliser pour rester dans le temps prévu : on n’a pas à se poser de question, on suit le déroulement (ce n’est donc pas vraiment un livre de recettes puisque la réalisation de plusieurs plats est imbriquée).
  • Les menus sont classés par saison et sont appétissants selon mon goût. Pour chaque saison, il y a quatre possibilités : basique, végétarien, confort, du placard.
  • On dispose ainsi de repas variés et le temps à y passer le soir est limité.

Quand j’ai reçu le livre, je n’ai pas eu l’opportunité de tester tout un cycle, j’ai commencé par un gratin de courgettes de début d’automne. J’ai repéré différentes recettes plaisantes correspondant à mes goûts comme des galettes de pois chiches et salade et fromage blanc aux herbes, une salade de pommes de terre aux petits pois et à la bresaola, des oeufs brouillés aux tomates séchées et muffin anglais, …

Cela n’est bien sûr pas adapté à tout le monde, le livre de cuisine parfait n’existe pas ! Car nous sommes tou(te)s différent(e)s :

  • certaines personnes préfèrent cuisiner en rentrant, par exemple pour se détendre, ou selon l’envie du moment.
  • le batch cooking répartit les repas dans un ordre précis, qui prend notamment en compte la conservation des produits (on mange les crudités en début de semaine par exemple) et cela peut sembler rigide et pas adapté à l’écoute de ses envies.
  • ce n’est bien sûr pas adapté pour des personnes qui sortent beaucoup. En revanche, on peut éventuellement parfois garder une portion pour son déjeuner si on doit se préparer une « gamelle ».

On m’a par ailleurs parlé de l’aspect nutritionnel : je disais plus haut qu’on mangeait les aliments les plus fragiles en début de semaine. Par ailleurs, ne nous leurrons pas : qui aujourd’hui travaille et fait ses courses de produits vraiment frais (donc locaux) tous les jours ou tous les deux jours ?

Si on est cependant intéressé(e) par ce type de démarche mais qu’on trouve cela un peu trop contraignant, on peut tester le fonctionnement, voir ce qu’on a envie de s’approprier, ne pas tout prendre en bloc. Par exemple, repérer que c’est pratique de préparer certains ingrédients le week-end, que ce soit faire cuire des lentilles ou des pois chiches ou éplucher/couper des légumes. On peut ainsi s’en inspirer et garder davantage de souplesse, par exemple garder un ou deux repas libres parce qu’on a l’habitude de sortir ou d’avoir des restes. Ou congeler certains plats si on a des imprévus.

On peut aussi apprécier la démarche et peu à peu la transposer à ses propres recettes.

Un livre comme celui-ci peut donc être un point de départ, dont vous vous détacherez plus ou moins vite selon votre maturité culinaire, vos contraintes, vos goûts et votre esprit imaginatif.

En tout cas, la démarche de batch cooking me parait intéressante car elle concilie plusieurs avantages :

  • ne plus avoir à réfléchir au dîner le soir quand on rentre fatigué(e),
  • faire des repas variés,
  • ne pas passer de longues heures en cuisine le week-end,
  • moins gaspiller car on achète le nécessaire.

Et vous, que vous inspire le batch cooking ?

Batch cooking : je cuisine une fois le week-end pour toute la semaine, Pascale Weeks, éditions 750g, 21,90 euros

12 réponses
  1. Vididi
    Vididi dit :

    La démarche me tentait vraiment depuis un certain temps et j’ai sauté le pas en achetant le livre de Pascale Weeks, justement parce que c’était elle, et parce que des menus végétarien étaient prévus. Les retours que j’avais lus sur le batchcooking parlaient souvent de repas systématiquement carnés, et nous mangeons peu de viande le soir. J’ai été confortée en voyant que vous aviez fait la préface.Depuis, j’ai réalisé 3 menus d’automne et 2 d’hiver.
    J’ai beaucoup apprécié à la fois de ne pas avoir à me poser la question du menu les soirs de semaine et la rapidité de préparation. J’ai également été heureuse de voir que la durée de cuisine du dimanche était bien calibrée sur 2h et effectuée seule, loin du marathon qui est parfois évoqué avec certains livres. Les 5 repas sont un peu répartis differemment chez nous, puisque j’utilise l’un des repas pour le mercredi midi où je mange avec les enfants à la maison, ce qui nous convient bien puisque le vendredi soir c’est pizza!
    Les quantités sont un peu larges pour notre famille, nous avons souvent des restes, malgré nos deux adolescents, mais ce n’est pas un problème, cela me fournit une « gamelle » pour les midis. En ce qui me concerne le bémol est plutôt le manque de variété des légumes proposés et leur part relativement congrue. Beaucoup de carottes, de patates douces, de potimarron, de pois chiches, que j’apprécie, mais je manque un peu de légumes verts. Il faut encore que je m’approprie davantage la démarche pour les intégrer plus largement et varier plus que cela n’est prévu, que je réfléchisse aux substitutions possibles. Peut-être aussi que ces légumes se prêtent moins aux préparations anticipées. Peut-être aussi est-ce lié aux saisons, mais un peu plus de poireaux, d’endives, de chou aurait aussi été possible, je crois. Je comprends en même temps qu’il faille choisir…
    En résumé le fonctionnement m’a beaucoup plu, et le bilan est très positif, mais il va falloir adapter le contenu pour coller davantage à nos goûts. La souplesse me manque encore, par manque d’habitude sans doute.

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    • Ariane Grumbach
      Ariane Grumbach dit :

      merci beaucoup pour ce retour ! (et pour avoir apprécié la préface ;-)) Il me semble comme je l’évoque dans le billet qu’une fois qu’on s’est un peu approprié la démarche et comprendre ce qui fonctionne pour soi, on peut y intégrer d’autres recettes de son répertoire ou qu’on trouve ailleurs, en essayant de les intégrer dans les séquences, c’est sans doute ça qui peut être un peu difficile…

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  2. Myriam
    Myriam dit :

    Je viens juste de tomber sur votre post concernant le Batch Cooking. Je viens juste d’acheter un livre dessus (pas celui de Pascale Weeks, j’ai lu votre article trop tard :-(, mais l’idée c’est de s’y mettre. J’étais réticente dans le fait de se tenir à des menus pré-établis ! Ce n’est pas mon fort, je fais bcp avec ce que j’ai dans les placards ou selon produits du jour, mais avec 3 enfants … ça devient vite monotone quand on manque de temps le soir. Alors je compte sur cette méthode pour retrouver du plaisir à cuisiner tous les soirs, équilibré et que cela plaise à tout le monde 😉 ! A suivre …

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    • Ariane Grumbach
      Ariane Grumbach dit :

      merci pour ce retour, on peut tout à fait alterner anticipation et impro, l’ilmportant est de ne pas se stresser et de manger des plats qu’on apprécie 🙂

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  3. La semaine d'une gourmette
    La semaine d'une gourmette dit :

    Pas de batch cooking pour moi, mais ça fait 20 ans que je planifie mes menus pour la semaine ! Je fais mes courses le samedi matin au marché (complétées par un petit tour au supermarché juste après), et à part le pain, c’est rare que je doive faire les courses à nouveau pendant la semaine. C’est très pratique, et j’adore rentrer le soir et cuisiner sans avoir à me demander ce que je fais et si j’ai les ingrédients nécessaires.

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    • Ariane Grumbach
      Ariane Grumbach dit :

      l’important est de trouver le mode d’organisation qui convient à chacun(e) : celui-ci répond à un aspect que je souligne souvent à mes patientes : ne pas avoir à REFLECHIR le soir !

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  4. Geneviève
    Geneviève dit :

    Ça me tente assez… Je fais (un tout petit peu ça) quand je suis bien motivée. Quand je prépare différents légumes/céréales/légumineuses je « mélange » ensuite sous différentes formes: salade ou gratin ou curry légumes+lentilles etc..

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    • Ariane
      Ariane dit :

      @Geneviève merci pour ce retour, l’important, c’est en effet de ne pas se trouver dépourvue le soir autant que possible et de trouver un mode de fonctionnement qui vous convienne, pas forcément aussi complet que le batch cooking !

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    • Ariane
      Ariane dit :

      Bonjour je ne connais pas de déclinaisons sans gluten (j’ai vu pour l’instant light et bébé…). Mais le livre de Pascale Weeks me parait assez facilement adaptable car il y a pas mal de recettes naturellement sans gluten avec légumes, pommes de terre, riz, quinoa… Et on peut remplacer le pain ou les pâtes par des équivalents sans gluten. Et à la place de la semoule ou du boulgour, utiliser par ex du millet, du sarrasin, etc. Bonne soirée

      Répondre

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