Vive les amies ! SAM devient SAMI

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Je me souviens que Monsieur m’avait raconté il y a longtemps un constat qu’un moine cistercien qu’il connaissait avait partagé : « la vraie pauvreté, c’est ne pas avoir de relations »… Dans la même perspective, je mentionne souvent autour de moi (peut-être l’ai-je déjà évoquée ici) une vaste et longue étude menée par Harvard (durant 75 ans!) pour cerner ce qui permet de mener une vie longue, heureuse et en bonne santé. Eh bien, la conclusion était simple, ce sont les relations de qualité, avec sa famille, ses amis, sa communauté. Davantage que le milieu social, le revenu, le fait de fumer ou pas ou de faire du sport…. L’étude (résumée ici) est une des très rares études qui ait une si longue durée et qui permette donc de tirer des conclusions fiables. Seul (sérieux) bémol, les femmes y ont été intégrées tardivement !

D’ailleurs, avant même de connaître cette étude, quand on parlait beaucoup des bienfaits du « régime Okinawa » (île japonaise avec un taux important de centenaires) il y a quelques années et de comment le transposer, j’expliquais qu’il s’agissait surtout d’un mode de vie global avec une importante vie en communauté intégrant les personnes âgées et pas seulement d’une question d’alimentation.

Il me semble qu’on a pu mesurer particulièrement l’importance de ces relations humaines lors des confinements que l’on a connus récemment, en particulier le premier confinement qui fut le plus strict. Les personnes qui vivaient seules (ou au sein d’un foyer peu affectueux), privées des échanges, des interactions avec les amis, les proches, les collègues, et même les commerces de proximité, le café du coin… l’ont ressenti très péniblement. Nous sommes des êtres sociaux, nous sommes faits pour avoir des échanges, des interactions avec les autres.

Jusqu’à récemment, je parlais souvent à mes patientes de SAM comme socle du bien-être (Sommeil Alimentation Mouvement). Depuis quelques temps, j’ajoute souvent l’aspect relations, justement pointé avec le Covid. D’ailleurs, une personne l’avait déjà mentionné lors de mon premier billet de blog sur le sujet et inventé SAMA. J’ai décidé de le rebaptiser SAMI : I pour Interactions avec les amis mais aussi la famille, les proches, les relations diverses, personnelles, professionnelles, associatives, de proximité…

Pour ma part, j’ai été une enfant plutôt solitaire, avec quelques ami.e.s et n’ai jamais eu de grand cercle d’amis, de bande de copains. Mais je me réjouis grandement des amitiés précieuses que j’ai développées au fil des années, j’ai à cœur de maintenir des contacts réguliers et je mesure combien les rencontres, les échanges, si possible en chair et en os, me font du bien et m’enrichissent.

Justement, on est parties cette fin de semaine à quatre, sans nos conjoints respectifs. On s’est rencontrées il y a pas loin de dix ans maintenant avec Beena, Claire et Florence, toutes passionnées de bonne nourriture, chacune dans notre domaine (Beena, entrepreneuse ; Claire, journaliste ; Florence, spécialiste de relations presse). Nous avons pris l’habitude de nous retrouver régulièrement autour d’un bon déjeuner ou petit déjeuner. Beena ayant déménagé dans la Drôme, elle nous avait conviées à lui rendre visite il y a juste un an (un super week-end juste avant d’être reconfinées…). Cette fois, Florence nous a merveilleusement reçues dans le Golfe du Morbihan. On s’est baladées ous un ciel uniformément bleu, on a contemplé la beauté de la mer, on a visité Vannes, on a beaucoup parlé de tas de sujets…et forcément, on a très bien mangé !

  • On a fait un fabuleux déjeuner au Petit Hôtel du Grand Large, où j’étais venue il y a… dix ans !
  • On a aussi découvert une charmante et savoureuse table de Vannes, la Tête en l’Air, où on mange des assiettes surprises dont on ne sait rien. On déguste avec curiosité et c’est délicieux.
  • Plus de très bons légumes, des figues du jardin, des maquereaux, …

  • On a fait une géniale rencontre avec un ostréiculteur grâce à Florence, Yvonnick Jegat, un homme passionné, persévérant face aux vicissitudes, aux convictions claires, réfléchissant beaucoup sur son métier, les huîtres et leur évolution. Et on s’est régalées de ses huîtres !

Lundi, au retour de ce court séjour, j’ai retrouvé une autre précieuse amie pour déjeuner. Amie rencontrée il y a plus de 30 ans chez Air France, avec laquelle j’ai de nombreux souvenirs (notamment un fabuleux voyage dans l’Ouest américain) : on se voit régulièrement autour d’un déjeuner ou d’un thé. Elle est nettement plus âgée que moi -mais est en bonne santé et je lui souhaite longue vie_ et cela rend d’autant plus essentiel le fait de profiter de sa compagnie aussi régulièrement que possible.

Et vous, gardez-vous des ami.e.s dans la durée ? Etes-vous plutôt bande de potes ou amitiés sélectives ? Est-ce essentiel à votre bien-être ?

Photos de moi- Illustration Pixabay / Mohamed Hassan

6 réponses
  1. FRANCIOLI Françoise
    FRANCIOLI Françoise dit :

    En exergue du film « First cow » de Kelly Reichardt, que je vous recommande ++ (il y est question, en autres, de nourriture), cette citation de William Blake : « L’oiseau a son nid, l’araignée sa toile, et l’homme a l’amitié. »

    Répondre
  2. Albertini
    Albertini dit :

    Bonjour,
    Merci d’aborder ce sujet qui est en effet essentiel. L’amitié a pour moi la même importance que l’amour, d’ailleurs il y a de la variété dans les relations amicales comme dans une vie amoureuse où l’on traverse des périodes et des  » mondes » souvent très différents.
    Ce que l’on se dit avec ses ami(e) est varié, parfois grave, parfois léger, on peut comme vous le dites ne pas se voir si souvent que cela et pourtant, pas besoin d’amorce pour renouer le fil …
    C’est drôle, j’ai lu il y a peu que dans une région de Sardaigne il y avait une grande longévité des habitants , peut-être en partie liée à un gène mais de façon certaine aussi aux constantes et fortes relations sociales qui sont présentes particulièrement dans cette région !
    En tous cas, le premier confinement a été pour moi comme beaucoup assez douloureux de ce point de vue , bien que j’étais avec mon mari avec qui je m’entends bien. J’ai eu un sentiment de solitude pesante et un jour que j’avais organisé avec mes enfants et petits -enfants une rencontre téléphonique avec vidéo, il a fallu un moment que je me cache pour pleurer.
    Bonne fin de journée.
    Anne Albertini

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    • Ariane Grumbach
      Ariane Grumbach dit :

      @AnneAlbertini merci pour ce témoignage, espérons que de telles circonstances ne se renouvellent pas et merci quand même au virtuel de compenser (un peu) la distance…

      Répondre

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