Bien et Bon à Manger, participation à un chouette* colloque à Dijon

On peut largement critiquer les réseaux sociaux, leurs excès, leurs batailles stériles. Mais ils ont aussi beaucoup de bons côtés, notamment celui de favoriser des échanges, des rapprochements voire des rencontres. C’est ainsi que le lien s’est fait avec Clémentine Hugol-Gential, dynamique enseignante-chercheur au sein d’un laboratoire de recherche en sciences de l’information et de la communication à Dijon, centré sur l’alimentation et la gastronomie. En charge du projet Alims (Alimentation et Lutte contre les Inégalités en Milieu de Santé), elle a commencé un jour à me suivre sur twitter puis à échanger pour finir, il y a quelques mois, par me proposer de participer à un projet de colloque assorti d’un livre. J’ai accepté, elle m’a interviewée de façon très intéressante et ouverte pour l’ouvrage, autour du bon et bien manger. Et elle m’a conviée à participer et assister à la totalité du colloque à Dijon.

Grand beau temps sur la fac de Dijon jeudi

Cela se passait jeudi 20 toute la journée et vendredi 21 matin. Et ce fut particulièrement sympathique et vraiment intéressant. Contrairement à certains colloques auxquels j’assiste, on n’était pas là dans des intervenants/interventions à caractère principalement médical ou nutritionnel mais c’était beaucoup plus ouvert et largement orienté vers les attentes ou perceptions des patients. J’ai beaucoup apprécié l’aspect pluri-disciplinaire avec par exemple un cuisinier (ancien designer), une linguiste, un anthropologue, une sociologue, des chercheuses en sciences du goût ou de la communication, … La relation à l’alimentation est un sujet très personnel et extrêmement complexe, et peut-être encore davantage quand on se trouve en situation de fragilité (hospitalisation, maladie, grand âge) : la préoccupation de se sentir diminué(e) ou le fait de perdre des degrés de liberté peuvent modifier la place attendue de la nourriture. Il n’est pas donc superflu d’avoir un regard large et multi-dimensionnel pour avancer sur le sujet, dans un but d’amélioration du bien-être et de la santé des personnes, et de l’efficacité des actions menées.

On a par exemple parlé de la fréquentation des forums de santé en ligne (l’intervenante recommandant vivement aux professionnels de santé d’aller y lire des contenus pour mieux comprendre les préoccupations des patients), des repas à l’hôpital, des idées reçues sur l’évolution du goût chez les personnes âgées, de l’intérêt d’ateliers de cuisine thérapeutique pour des personnes atteintes de cancer, de l’impact de la publicité et de la présence en école de l’industrie agro-alimentaire sur la malbouffe, de la mauvaise perception des repas à l’hôpital loin d’être seulement liée à la qualité intrinsèque de l’assiette, de comment adapter avec les moyens du design les assiettes des patients (couleurs, textures, disposition…),…

Ariane Grumbach l'art de manger

Grégoire Maille, cuisinier consultant, explique par exemple que les écarts de couleurs notables avec les aliments cuisinés peuvent l’être beaucoup moins s’ils sont mixés et donne des pistes pour y remédier

J’ai apprécié la conclusion intermédiaire de Clémentine Hugol-Gential sur les nécessaires empathie et bienveillance aussi bien entre nous professionnels d’horizons divers que bien sûr envers les patients.

Merci Clémentine pour la photo en pleine action !

Outre les interventions (j’ai été ravie et touchée d’avoir beaucoup de retours positifs et chaleureux sur la mienne, présentant ma vision du « bon et bien manger »), j’ai trouvé très agréable que la globalité de notre séjour soit accompagnée. Outre un dîner de groupe entre intervenants et organisateurs le jeudi soir à l’ambiance très sympathique, on nous a proposé juste avant une visite de la ville, et Antoine, jeune stagiaire du labo, s’en ai très bien tiré. Mes rares visites à Dijon étaient très très anciennes et plutôt en transit et j’ai eu plaisir à découvrir les principales curiosités du centre ville. Ce temps supplémentaire permet aussi de nouer des échanges plus approfondis avec les autres participants. J’ai aussi eu plaisir à revoir/rencontrer des chercheuses du Centre des Sciences du Goût et de l’Alimentation, également situé à Dijon, des diététiciennes hospitalières, des membres de l’équipe de Clémentine…

Ariane Grumbach l'art de manger

Bref, un moment riche et sympathique, merci à tou(s)tes pour votre accueil !

Le colloque était disponible en streaming en temps réel. Les différentes interventions, séquencées, seront à nouveau disponibles sur internet d’ici quelques jours si cela vous intéresse.

*clin d’oeil à la chouette porte-bonheur de Dijon à laquelle on a rendu visite

4 réponses
  1. ln22
    ln22 dit :

    colloque qui avait l’air passionnant. On est loin du comptage des calories à l’ancienne et bien dans le plaisir de manger par tous les sens en éveil.. Ouf! Je suis preneuse des liens videos quand ils seront en ligne.

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