Voyager (loin) rend-il heureuse ? Vacances 2e partie

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Comme je le disais dans mon billet précédent, j’ai fait deux courts voyages en train pendant ces quelque trois semaines de vacances.

D’abord, une escapade d’une journée totalement improvisée (avec réveil très matinal) à Fécamp. Il y avait le désir de revoir la mer, qui est toujours présent, l’envie d’en profiter pour découvrir une ville normande que je ne connaissais pas encore. Et rencontrer enfin Elodie alias « Elodanslafarine« , boulangère passionnée que je suis depuis de longues années sur Instagram où elle poste de magnifiques photos de ses réalisations.

J’avais eu ce projet l’année dernière, sans suite, et je me souvenais qu’elle était a priori là en août. J’ai découvert avec joie sa boulangerie Le Local, montée avec son associé (qui s’occupe de la vente) et ouverte il y a quatre ans après une formation/reconversion.

Elodie était disponible à son fournil le matin.  On a échangé longuement sur son travail, l’organisation de la production, sa vision de la boulangerie, l’équilibre travail/vie personnelle, les clients… Par exemple, alors que les petites boulangeries en solo ou duo à Paris ont souvent des horaires du type production le matin / vente l’après-midi (le Bricheton, Shinya Pain Montmartre, Eléments par exemple), Elodie et son associé ont choisi une organisation calée sur la semaine : production principalement mardi-mercredi toute la journée (boulangerie fermée) puis fermentaion/mise au froid, puis cuisson et vente du jeudi au dimanche midi (avec un peu de production complémentaire.

Pas de baguette, pas de croissants, les deux associés ont fait un grand travail d’éducation autour du pain au levain auprès de la clientèle au démarrage et cela a porté ses fruits, avec la fidélisation d’habitués. Elodie est attentive à la qualité et l’origine de ses farines mais sans vouloir du local à tout prix, privilégiant plutôt le juste terroir d’une céréale. Elle veille par ailleurs à garder du temps pour elle, certaines après-midi et le dimanche après-midi-lundi, pour ne pas s’épuiser et conserver la passion pour son métier. Bref, c’était sympathique et passionnant. Et j’ai bien sûr rapporté du pain au levain classique, que je savoure peu à peu, par exemple un récent matin avec du labneh maison. J’ai aussi mangé une brioche pour mon petit déjeuner face à la mer.

A Fécamp, j’ai en effet passé une bonne partie du temps restant au bord de la mer, à marcher sur toute la longueur de l’esplanade bordant la plage, ou me poser face à la plage sans rien faire.

Marseille était prévue peu de temps après pour le plaisir de nager dans la mer.

J’étais venue à Marseille l’été dernier et je n’avais pas vraiment prévu d’y revenir déjà cet été. Mais quand j’ai voulu concrétiser l’envie de partir nager dans une mer pas trop lointaine (et sans risque qu’elle soit froide !), c’est la destination qui est apparue évidente (3h de train direct). De plus, à moins d’un mois du départ, j’ai trouvé un billet de train à un prix tout à fait raisonnable pour la période (2e semaine d’août). Ma motivation était d’abord de nager, ce que j’ai fait avec grand bonheur deux fois par jour à la plage des Catalans (la plus proche du centre ville).  Avec deux ambiances différentes : calme vers 7h00-7h30 le matin ; grande foule familiale et plage bondée en fin d’apès-midi mais aucun problème ceci-dit pour nager en s’éloignant un peu du bord.

Je n’ai toutefois pas résisté à l’envie de bien manger ! Beaucoup des bonnes adresses déjà connues étaient fermées. Mais cela ne manque pas désormais, la « scène » gastronomique marseillaise bouge beaucoup (voir à ce sujet le passionnant livre de Vérane Frediani, que je me suis offert au retour – après avoir beaucoup hésité à sa sortie – Marseille cuisine le monde, mêlant nombreuses interviews et recettes).  J’ai très bien mangé sans me ruiner. Mentions particulières pour le restaurant de l’Epicerie l’Idéal (et bien sûr, petites emplettes à l’Epicerie que j’adore), la récente table d’une jeune cheffe talentueuse, Regain (photos) .Et aussi la sympathique et éclectique Maison des Nines.
Toujours passionnée de pain, j’ai aussi découvert la nouvelle boulangerie Pétrin Couchette et y ai petit déjeuné.
Bref, j’ai fait deux courts voyages en France qui m’ont réjouie. Un autre, un peu plus long, toujours en France, est prévu prochainement avec Monsieur qui était, lui, parti dans sa famille pendant que j’étais à Marseille.
Bien sûr, quand on travaille beaucoup et/ou de façon intense, on a besoin d’une certaine durée de vacances pour décompresser et se reposer, mais aussi peut-être de se changer les idées en s’éloignant de chez soi. Les vacances, ce peut être des retrouvailles familailes ou amicales, sans forcément voyager. Le voyage, c’est la rencontre avec d’autres personnes, la découverte d’autres cultures, l’échange, et, selon la façon dont on voyage, ce peut être une belle opportunité  de s’ouvrir aux autres et à leur différences (conçoit-on toujours le voyage ainsi ?) mais je ne suis pas certaine qu’il faille partir loin pour être heureuse (cf le titre de l’expo dont je parlais dans le précédent article). Qu’en pensez-vous ?
4 réponses
  1. Géraldine
    Géraldine dit :

    Bonjour Ariane
    Merci pour votre partage et contente que vous ayez bien profité de vos vacances. Je vous rejoins sur ce point : le voyage comme une façon de changer d’air, de paysages alentour, et pour moi, je pense qu’il n’y a pas besoin de partir bien loin de chez soi pour se sentir dépaysé. Il peut y avoir de belles surprises à quelques heures à peine de chez soi. Et c’est vrai, livres et expositions font voyager à leur manière !

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    • Ariane Grumbach
      Ariane Grumbach dit :

      @Géraldine bonjour, merci beaucoup de votre commentaire, en effet, on peut passer de super vacances pas loin, encore eu une confirmation par une patiente récemment. Mais je ne juge pas ceux qui voyagent loin, chaque personne chemine à son rythme et fait ses choix. Bon, peut-être un jour n’y aura-t-il plus de choix ?!

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  2. Mélanie
    Mélanie dit :

    Ah ! La conclusion de cet article fait écho à mon commentaire sur ton premier article de vacances 🙂
    Quand je vais dans un nouveau pays, je n’achète jamais de « guide » : ça ne m’intéresse que très peu de cocher les éléments touristiques à visiter (idem pour les restos). Je préfère essayer de me plonger dans la ville / le pays selon les locaux. Bien sûr, il me faudrait des années, mais j’essaie d’effleurer le sujet à ma manière. J’utilise beaucoup de blogs (surtout avant) et de comptes Instagram de personnes locales, et j’enregistre des adresses.
    J’aime beaucoup me balader en me laissant porter, aussi, on découvre plein de choses très chouettes ainsi 🙂

    Et… dans ton article, je retiens également « avec du labneh maison » : du labneh MAISON ? J’aimerai bien la recette 🙂

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    • Ariane Grumbach
      Ariane Grumbach dit :

      @Melanie voilà une bien jolie façon de voyager, un mix d’immersion avant et d’impro pendant.
      Le labneh maison, c’est juste du bon yaourt (soit mon yaourt maison, soit un yaourt grec ou épais de bonne qualité) égoutté pendant une nuit auquel on ajoute un peu de sel et d’huile d’olive (et par exemple du zaatar au moment de servir).

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