Ariane Grumbach - L'art de manger

Je vous parle de temps en temps de gaspillage alimentaire, un des grands maux de notre époque dans les pays industrialisés :

– en vous évoquant de temps en temps mes repas anti-gaspi ou la cuisine domino pour ré-utiliser les restes en espérant que cela vous inspire parfois,gaspillage alimentaire,tristram stuart,la grande sur-bouffe,cuisine des restes,cuisine domino

– en vous recommandant d’acheter des surgelés si vous êtes célibataire ou avec un emploi du temps incertain,

– en vous demandant ce que vous pouvez faire à votre échelle,

– en vous incitant à demander des doggy bags au restaurant quand vous n’avez plus faim (plutôt que de laisser ou de trop manger),

– en vous suggérant (c’est encore mieux) de faire le point sur votre faim avant d’acheter/de commander/de préparer : le meilleur moyen de ne pas avoir de restes !

L’actualité ramène ce sujet sur le tapis ces jours-ci, les radios, et même Canal Plus s’en emparent : est-ce que cela va avoir des effets ? Ou est-ce juste encore une action sans lendemain ?

Sur France Culture : l’émission On ne parle pas la bouche pleine évoquait le sujet samedi (vu via le blog Food Intelligence http://foodintelligence.blogspot.fr/2012/10/connaissez-vous-tristram-stuart.html ).

Le sujet du gaspillage alimentaire était aussi à l’ordre du jour sur France Inter dimanche, dans la deuxième partie de l’émission 3D, souvent intéressante, avec notamment comme invité Bruno Lhoste, auteur d’un petit livre sur le gaspillage alimentaire qui a l’air intéressant : « La grande sur-bouffe » (sachant qu’il prêche un peu pour sa paroisse, étant à la tête d’une société de conseil en développement durable…). Il était notamment dit, je ne peux qu’être d’accord, qu’il s’agit de réapprendre à cuisiner, à savoir accomoder les restes, d’éduquer au goût, …

Samedi 13 octobre à 13h00 à Paris, sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, un grand curry pour 5000 personnes à base de légumes censés être impropres à la consommation sera offert aux passants.

Ceux qui sont abonnés à Canal + pourront aussi voir un documentaire : « Global gâchis » le mercredi 17 octobre.

Impliqué dans tout cela, il y a l’anglais Tristram Stuart, un activiste qui est parti en guerre contre le gaspillage alimentaire, d’abord en Grande-Bretagne puis ailleurs. Si vous avez envie d’en savoir plus sur lui et son action, il a donné il y a quelques mois une conférence Ted sur « le scandale du gaspillage alimentaire mondial » (elle est sous-titrée) http://www.ted.com/talks/lang/fr/tristram_stuart_the_global_food_waste_scandal.html

Encore beaucoup de paroles pour peu d’effet ? On verra. Comme je le disais récemment, c’est chaque personne qui peut agir à son échelle, sans esbroufe, juste en revoyant progressivement ses habitudes.

Pour ma part, je ne suis pas parfaite en la matière mais je progresse. Ainsi, la Maquereau Fiesta récente m’a laissé de nombreux ingrédients. J’ai improvisé en cuisine pour ne pas gaspiller les légumes : j’ai préparé notamment un mélange tomate-épinards-oignon qui a été un délicieux accompagnement pour des pâtes ; j’ai fait une soupe « fouzitou » avec carotte, céleri, chou chinois, courgette, épinard, poireau et elle était excellente. J’ai aussi gardé pamplousse et concombre pour un fraiche et classique salade avec crevettes et avocat tirés du congélateur.

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Pour agir, je vous conseille par exemple de réutiliser ma démarche 4C :

Constater : qu’est-ce que je gaspille, en quelle quantité, quand, … ?

Comprendre : pourquoi je gaspille ? j’achète trop, je ne sais pas ce que j’ai déjà, je prépare trop, je ne sais pas cuisiner les restes, j’oublie les restes dans le frigo et je finis par les jeter, …. ?

Changer : prendre les habitudes une par une et mettre en place des actions concrètes pour diminuer le gaspillage. Exemple : il me reste des légumes, je peux en faire une soupe, un curry, une poêlée, … Il me reste du pain : je le congèle, j’en fais une « pizza baguette » comme le suggère Bruno Verjus (ça a l’air fameux !), je fais du pain perdu, de la chapelure pour un gratin, …

Consolider : refaire le point régulièrement et continuer à avancer sans viser la perfection dans ce domaine, pas plus que dans aucun autre !

Et il faudrait aussi que les collectivités s’emparent du sujet, d’abord en travaillant sur la qualité du repas : si c’était bon, les enfants à la cantine ou les salariés au restaurant d’entreprise mangeraient davantage ce qu’il y a dans leur assiette, non ?!

5 réponses
  1. matchingpoints
    matchingpoints dit :

    Nous individuellement devons faire des efforts, certes. Mais vous parlez des collectivités : combien de fois nous avons vu les plateaux repas des hôpitaux qui repartent pleins !!! Il parait que ce n’est vraiment pas bon, il faudrait donc faire quelque chose. Ce gaspillage systématique est indécent et insupportable !

  2. Anaïs75
    Anaïs75 dit :

    Moi aussi je me préoccupe du gaspillage et j’essaye au maximum d’adapter mon propre comportement pour limiter le gaspillage au maximum. Et effectivement plus je me connais et moins je gaspille.
    Cependant quand il s’agit de gaspillage, j’ai l’impression (mais je me trompe peut-être?) qu’on ne parle jamais du conditionnement qui pour moi est souvent trop grand. Ex: les sandwichs des boulangeries qui sont bien trop grands (j’ai vu deux boulangeries qui proposaient des « mini » sandwichs et ça c’était parfait malheureusement elles ne sont pas à proximité de mon travail), les canettes de jus d’orange de 33cl c’est beaucoup trop…quand je peux je prends plutôt des briquettes de 15 cl mais je n’en trouve pas toujours etc…
    Bref je réussis à limiter voire à éviter de gaspiller chez moi. Par contre, à midi je suis souvent en déplacement donc j’achète en boulangerie et là oui je jette car c’est soit jeter soit me forcer à finir ce que je ne fais plus ( ou je donne à un SDF quand j’ose et quand c’est possible ex sandwichs proposés par deux (achetés dans les supermarchés) là je lui propose le second)
    C’est vrai que c’est important que nous nous responsabilisions individuellement mais les professionnels de l’alimentation, qui en parle? (en tout cas dans les émissions sur le gaspillage que j’ai vues à la télé, ce point n’était pas évoqué)

  3. bouton d'or
    bouton d'or dit :

    C’est vrai qu’aujourd’hui le gaspillage alimentaire est insupportable. Mais qui jette réellement, les ménages sûrement un peu mais principalement les surfaces de vente. Quand je vois l’offre dans le supermarché à côté de chez moi, il me paraît impossible de gérer tout ces stocks et pourtant les promos sur les fins de vie sont très rares. J’ai vu des reportages ou les grandes surfaces jettent avant la date limite de consommation. Accessoirement je pense que faire ces courses une fois par semaine au supermarché n’est pas un bon moyen de limiter ce gaspillage. Qui peut savoir à un moment de la semaine, la nourriture qui va être consommée dans la semaine qui suit. En ce qui me concerne, je fais les courses le samedi au marché et je ne prévois que jusqu’au lundi soir (à part peut être les légumes et fruits et selon la saison) et bien souvent le mardi et mercredi soir, nous avons des restes du week-end, un petit dîner au restau un soir et puis arrive le vendredi où là je reconnais mon réfrigérateur est généralement vide mais bon un quart de jambon sec, quelques oeufs, un repas que j’avais congelé… Je jette très peu et je ne fais pas de fixette sur la date limite de consommation. Je dirais que si on a un congélateur, le gaspillage à domicile peut être inexistant.

  4. Ariane
    Ariane dit :

    @FLAM euh, mais c’est qui qui les éduque vos enfants 😉 ? Mais je peux comprendre qu’on n’aie pas envie de remanger exactement la même chose, cuisiner les restes, cela veut dire les réaménager, les « glamouriser » un peu pour donner envie…
    @matchingpoints comme je l’évoquais rapidement, en collectivité, la priorité devrait être à la QUALITE et on mangerait davantage !
    @Anais75 bravo pour vos efforts personnels mais quand on parle gaspillage alimentaire en effet, il y a aussi beaucoup du côté des professionnels, le problème est global
    @bouton d’or bravo pour ces habitudes et et en effet beaucoup de gaspillage est en partie lié à des réglementations (trop ?) contraignantes, ce que montre notamment Tristram Stuart, qui voudrait faire changer certaines lois.

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