Qu’est-ce qu’on mange ce soir ? Tout est possible !

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Ariane Grumbach - L'art de manger

Quatrième épisode de la saga des repas, parlons du dîner. Quand je dis que tout est possible, c’est à la fois sans doute le repas le plus libre (si l’on excepte ceux du week-end) car la plupart des contraintes de la journée sont passées, que personne ne vous impose quoi manger mais peut-être aussi le plus stressé car vous manquez de temps ou d’idées pour préparer le repas dont vous auriez envie, que vous êtes fatigué(e), que vous demander chaque jour « que va-t-on manger ? » vous stresse.

Essayons de voir comment on pourrait en faire le plus souvent un moment plaisant et gourmand sans y passer des heures de préparatifs. Je vais ici, comme pour les repas précédents, donner des pistes mais sans prétendre à l’exhaustivité ni aux miracles. Il ne faut pas se cacher que bien se nourrir, c’est-à-dire acheter des aliments, les cuisiner, les manger, requiert un minimum de temps. Il s’agit de l’optimiser et/ou le rendre plaisant.

Avant le dîner

Les idées et les courses. Ou les courses et les idées.

Si on n’est pas très sûr(e) de soi en cuisine, il vaut mieux réfléchir en amont à ce qu’on voudrait cuisiner, se plonger dans son répertoire culinaire de saison (à constituer au fil du temps), glaner quelques idées appétissantes sur internet ou dans les livres de cuisine. Et peu à peu les noter quelque part. Avant d’aller faire les courses :

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Liste de courses en fonction de ce qu’on veut cuisiner ou achats libres et décider après, chacun fait ce qui lui convient pour éviter le stress du soir

– on consulte son agenda pour voir combien de dîners on fera chez soi (en prenant en compte les différents styles de dîners selon les participants, les horaires en fonction d’activités associatives, culturelles, sportives..;le soir).

– on fait le point des stocks : on regarde si on a déjà des aliments disponibles ou des plats qu’on voudrait décongeler.

– en fonction de cela et des plats qu’on a envie de préparer (à imaginer plus ou moins précisément selon son tempérament), on fait une liste de courses,

– on fait les courses, si possible en amont. Il me parait, sauf exception, préférable de ne pas faire de courses le soir en sortant du boulot : cela retarde la préparation du dîner, il y a du monde, c’est stressant…

– en rentrant des courses, on range, éventuellement on nettoie, on coupe, on prépare certains ingrédients.

La cuisine en avance

En fonction de son organisation de vie, du temps dont on dispose le soir (horaire de retour, obligations familiales…), on peut cuisiner les plats du week-end en plus grande quantité, préparer des plats spécifiques pour la semaine ou préparer certains ingrédients (couper des légumes, les cuire…). Eventuellement blanchir et congeler certains légumes qu’on n’utilisera qu’en fin de semaine. Pour ma part, il me parait intéressant, surtout si on dispose d’un temps limité le soir, d’avoir un, deux, trois plats quasiment finalisés en début de semaine.

On peut décongeler un plat le matin pour le soir, en le plaçant au frigo pour la journée. ¨Pour ma part, n’ayant pas de micro-ondes, je pratique ainsi si je veux manger le soir un plat que j’ai congelé. Je suis d’ailleurs souvent étonnée du nombre de personnes qui semblent rechigner/hésiter à congeler des plats maison, par manque d’habitude.

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Cuisiner des légumes en quantité le week-end et en congeler des portions à accompagner de riz, semoule, épeautre, quinoa… est bien pratique 

Juste avant et pendant

Le soir

Si on peut préparer certains plats en avance, on peut aussi alterner avec des dîners préparés rapidement (en l’ayant décidé avant) ou vraiment improvisés. Chez certaines personnes, il y a par exemple un soir (le vendredi ou le dimanche) où on fait une sorte de pique-nique de restes. Il y aussi des soirs où on peut préparer un plat rapide, et ce n’est pas seulement des pâtes au beurre. Pourquoi pas des pâtes mais celles peuvent être thon-tomate-olive (avec une bonne sauce tomate ou des tomates cerise), brocoli-anchois (j’ai même une fois fait une recette super express en décongelant des brocolis dans l’eau de cuisson des pâtes…), courgettes ou champignons qu’on fait revenir pendant la cuisson des pâtes,

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Des pâtes courgette-espadon, pas très longues à préparer (espadon du congélateur) donc envisageables au dîner si on y a pensée un peu avant

Si on a un peu de temps et besoin de décompresser de sa journée de travail, on peut essayer de prendre le temps de la cuisine comme un temps de détente et non une corvée à régler, ce que j’ai essayé de suggérer dans la préface de Cuisiner c’est méditer.

Et quoi préparer ? Contrairement à ce qu’on croit et pratique souvent, on n’a pas BESOIN de manger de la viande ou du poisson le soir, si on en a mangé (ou un équivalent) au déjeuner. Ce qui n’interdit pas d’en manger évidemment ! (exemples : poulet, thon, crevettes… dans un plat, œufs dans une quiche ou une omelette, jambon…) Mais le grosse entrecôte risque d’être un peu longue à digérer… Le soir est le bon point d’entrée pour s’habituer peut-être à ne plus voir la viande (ou le poisson) au centre de l’assiette… Par ailleurs, il ne faut absolument pas avoir peur des féculents. Non, les féculents le soir ne font pas grossir. Ils rassasient et évitent d’avoir faim au moment de se coucher (ce qui risque d’arriver si le dîner est uniquement composé de légumes, salade légère…). Un dîner plaisant, rassasiant et pas lourd peut tout à fait être composé de légumes et féculent. Sous diverses formes : une soupe, une salade et du pain, des pâtes au légumes, des légumes de couscous et de la semoule, de la ratatouille et du riz. Mais aussi une part de quiche et de la salade ou un bol de soupe, un gratin de légumes…

Le dîner est prêt !

Il me parait important :

– de ne pas être affamé(e) pour ne pas se jeter sur le dîner,

– de prendre quelques instants de détente avant de commencer à manger pour profiter du repas,

– d’avoir éventuellement une vision globale du repas si on a envie d’un dessert ou de fromage,

– de ne pas se servir trop. Si on n’est pas sûr(e) de bien évaluer son appétit, il vaut mieux se servir une petite portion et se resservir si on a encore faim

– de manger à table. Même si on décide de manger quelques restes ou un encas si on n’a pas très faim, on peut les présenter joliment dans une assiette.

– de manger tranquillement, en prenant le temps de savourer chaque bouchée,

– de s’arrêter quand on n’a plus faim. Ce qu’on n’a pas mangé sera encore là demain !

 

Après le dîner

Si on mangé un repas adéquat en composition et quantité, on doit le digérer facilement et se coucher sans lourdeur. Plus on dîne tard, plus on a intérêt à manger un repas facile à digérer, donc pas trop copieux, pas trop lourd.

Avez-vous des questions, des suggestions, des pratiques à partager au sujet de vos dîners ?

9 réponses
  1. Miss Alfie
    Miss Alfie dit :

    Ici, les dîners sont souvent des « frichtis » à grignoter devant la télé ou en jouant (tartines, quiches, salades…). J’improvise en rentrant en fonction de l’heure et de l’appétit. Ce sont plutôt les repas de midi que j’anticipe en préparant des légumes le week-end.

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  2. Marine
    Marine dit :

    Bonjour Ariane.
    En cette rentrée, le dîner devient un peu décousu car deux fois dans la semaine je fais du sport tard (21h) pas le choix. Du coup je mange un peu avant… Mais après quand je rentre vers 22h45 j’ai faim et je ne sais pas quoi re-manger du coup. Car il est tard. Auriez-vous un conseil ? Sinon personellement j’essaie de faire quelques plats le week-end. Par exemple ce week-end une soupe. Et puis de voir en fonction des envies. Mais oui parfois c’est source de stress…

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  3. Ariane
    Ariane dit :

    En effet, quand on fait du sport tard, on a en général besoin d’un en-cas un peu consistant sans que la digestion gêne la pratique du sport. En rentrant, vous avez faim mais sans doute pas besoin d’un vrai repas si vous vous couchez assez vite après. Et ce doit être facile : un yaourt et un fruit, un peu de fromage avec du pain, un bol de soupe, une tartine…Serait-ce suffisant ?

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  4. Jeanne
    Jeanne dit :

    Bonjour Ariane,
    Mille mercis pour cette saga remplie de bons conseils et astuces pour nous aider à trouver notre équilibre. Équilibre différent et propre à chacun comme vous le démontrez si bien.
    Je vous lis régulièrement depuis quelques années, acheté et adoré votre livre. Je vous admire sincèrement. Pour tout ce magnifique travail et aide que vous apportez. J’admire et envie votre rapport si apaisé à la nourriture.
    Vous n’imaginez pas à quel point j’aimerais connaître cet équilibre, ne serait-ce que l’effleurer. Je souffre d’anorexie-boulimie depuis quelques années. Cette maladie me ruine, me tue. Je ne vois plus aucune issue si ce n’est mettre fin à ce désastre que j’ai fait de ma vie.
    Enfin continuez votre merveilleux travail et je vous souhaite le meilleur.
    Jeanne

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  5. Ariane
    Ariane dit :

    Oh Jeanne comme tout cela est adorable et me touche énormément ! Mais je sais que les mots généraux d’un blog et un livre ne peuvent évidemment pas régler tous les problèmes si complexes et individuels de la relation à la nourriture. Mais surtout ne renoncez pas, avancez pas à pas sans vous presser vers davantage de tranquillité alimentaire, ce n’est jamais désespéré m^me si cela peut prendre du temps. Belle journée

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  6. cecile
    cecile dit :

    Bonjour, je suis contente de voir que finalement nous ne nous organisons pas si mal que cela . Le WE nous faisons un ou deux gros plats (ratatouille, soupe, gratin de légumes, purée de légumes) qui nous fait tenir jusqu’au milieu de semaine. le soir pas de viande ou de poisson nous avons pris ce pli avec nos filles. Comme lorsqu’ils sont petits le soir il est préconisé de manger peu de viande et de poissons, nous sommes restés la dessus et c’est franchement super car nous devons être imaginatifs pour nourrir la famille. Ce qui marche bien aussi ce sont les légumineuses, rassasiantes et délicieuses. Il y a toujours un soir off, ce qui signifie on ne se casse pas la tête c’est des pâtes mais moi j’adore y mettre des légumes et mes préférés champignons ou reste de ratatouille ! divin ! malheureusement la saison de la ratatouille est bientôt terminée….on va attaquer les soupes (ça c’est le truc trop pratique de l’hiver !)

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  7. Valérie
    Valérie dit :

    Je trouve que la congélation gâte le goût des plats, même maison; donc, je ne congèle que la viande crue. Je mets plutôt sous vide, dans des boîtes spéciales ou dans des sachets et la conservation est parfaite. En plus, aucun temps de décongélation à prévoir.
    Si on verse de la soupe très chaude dans un bocal en verre avec un couvercle, le vide se fera comme pour les confitures et la soupe se gardera super-bien pendant la semaine qui suit.
    Je garde le bouillon des légumes et fais une soupe avec tous les restes de la semaine (viandes et/ou leur sauce, légumes, riz, gratin etc). C’est délicieux et la soupe n’est jamais la même!
    Et je cuisine toujours en plus grande quantité que nécessaire car j’aime beaucoup cuisiner les restes ou les associer à d’autres restes, ce qui donne 0 temps de préparation, pour un plat différent.

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  8. Kervadec
    Kervadec dit :

    Bonjour
    Pour ce type de repas, j’ai toujours dans mon placard de très bonnes conserves.
    Par exemple rillettes de sardines , thon, maquereau de l’oceane alimentaire (le guilvinec). Elles sont excellentes !
    Tomate de la mama (c’est une tomatade que j’achète chez biocoop)
    Après on peut rajouter parfois un peu de couscous déjà épicé tipiak, parfois une salade de tomates, c’est bon healthy

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