Anticiper, c’est être gourmand (e) !

, ,
Ariane Grumbach - L'art de manger

Anticiper, penser un peu à l’avance à ce que l’on va manger, ce n’est pas forcément être rigide, planificateur ou obsédé (e) par la nourriture. C’est aussi être vraiment gourmand (e).

Car qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire par exemple :

garder une place pour le dessert, quand on est amateur de sucré, et donc ne pas arriver au moment du dessert en étant complètement rassasié (e). C’est cela qui permettra de l’apprécier vraiment, d’en tirer tout le plaisir gustatif. Que ce soit au restaurant en regardant la carte côté desserts au début du repas, chez des amis faiseurs de bons desserts en se renseignant sur l’ensemble du menu, ou chez soi, on peut anticiper un peu pour avoir du plaisir de bout en bout du repas et au final, ne pas trop manger.

 Pour ma part, j’aime beaucoup les desserts et je les prends en compte dans la composition du repas. Ainsi, il y a quelques jours, j’ai grandement apprécié un dessert parce que j’avais mangé un plat de taille raisonnable. C’était dans un restaurant de cuisine classique, bien exécutée, « Le Violon d’Ingres ». Ce savoureux dessert était une poêlée de fruits de saison avec une brioche perdue et une glace au miel et pignons. Il y avait une compotée de figues, des figues fraîches, des coings délicieusement confits, une boule de glace et un morceau de brioche comme du pain perdu. C’était un dessert consistant et je l’ai apprécié avec beaucoup de gourmandise car j’avais encore de l’appétit pour lui. Si on aime le fromage, c’est pareil, on y pense un peu avant pour avoir encore faim quand il arrive sur la table.

P1020869.jpg

faire un repas léger avant un bon dîner pour préserver sa faim et pouvoir d’autant mieux apprécier ce dîner. Il ne s’agit pas de s’affamer, surtout pas, sinon on ne tiendra pas jusqu’au dîner, mais de doser son repas ou un éventuel petit goûter pour avoir suffisamment faim au moment du dîner. Il ne s’agit pas de « faire attention » mais d’être attentif à ses besoins et ses envies. Mettre en phase sa faim et ses occasions de bien manger, c’est avoir encore plus de plaisir gourmand.

ne pas se jeter sur l’apéritif quand on est invité (e) à dîner. C’est dommage d’arriver à table en n’ayant déjà plus faim car on a dévoré des biscuits apéritif, canapés et autres cacahuètes. Car, le plus souvent, on va manger quand même à table mais sans grand plaisir car on sera déjà rassasié (e). Cela veut dire ne pas arriver affamé (e) à l’apéritif, ne pas manger machinalement en discutant ou en pensant à autre chose, ne pas s’interdire ces aliments car cela augmente le risque de « se lâcher » lorsqu’on se trouve face à eux. Mais on goûte ce qu’on aime et on attend sereinement le dîner (malheureusement, certains apéritifs durent plus d’une heure et je conçois que cela soit un peu difficile mais il y a sûrement autre chose à faire que manger !).

Tout cela, cela veut dire se connaître, se connecter à sa faim pour savoir l’évaluer, adapter ce que l’on mange à son appétit, sans se priver, sans s’affamer. Vous verrez, tout est meilleur quand on a faim. Et quand on ne mange pas trop, on maintient son poids !

4 réponses
  1. bouton d'or
    bouton d'or dit :

    Facile mais pas trop pour moi si apéritif chez des amis. J’ai une grosse tendance à manger beaucoup trop de petits trucs à l’apéritif même si ce n’est pas très bon d’ailleurs. Après, du coup je me force à grignoter ce que nous a fait notre hôte mais en principe après l’apéritif, je n’ai plus faim. Par contre, au restaurant, quand le serveur me demande avant l’entrée de choisir mon dessert, je réponds que nous verrons après le plat si j’ai envie d’un dessert.

  2. Ariane
    Ariane dit :

    Bonjour bouton d’or, vous avez bien raison pour le dessert, car souvent, on ne sait pas à l’avance si on aura encore faim pour un petit ou un gros dessert ou rien du tout. C’est un peu dommage pour l’apéro car vous vous enlevez le plaisir du repas qui suit. Peut-être faudrait-il essayer de comprendre pourquoi vous faites cela : la faim ? la nécessité de vous occuper, vous donner une contenance ? le fait de manger machinalement en discutant ? etc.

  3. Dom
    Dom dit :

    Chez mes parents, les apéros durent, durent……… Mais depuis que je consulte Ariane, je peux dire à ma mère qui me propose de façon attentionnée un petit canapé « Non merci, je me réserve pour les bonnes choses du repas ». Tout le monde s’y retrouve (mon poids aussi) 🙂

  4. Ariane
    Ariane dit :

    Super, bravo Dom de mettre cela en pratique dans un contexte familial. Ce n’est pas toujours facile, car souvent pour la mère, nourrir, c’ est un signe d’amour et il faut faire preuve de délicatesse pour ne pas la froisser.

Les commentaires sont désactivés.